Lundi 7 janvier 2008
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Meilleurs voeux au nom du réseau France-Europe-Planète Bleue pour
vous et vos prochesQue l'année 2008 préserve nos environnements.
2007 a été une année de prise de conscience. Mais reste à passer aux actes avec intelligence et efficacité. 2008 sera l'année des discussions internationales préparant les années post-Kyoto. Rien ne pourra se faire sans prendre en considération le point de vue de toutes les parties.
Contrairement à l'idée répandue, j'ai la conviction que les erreurs communes faites sur le climat, dénoncées par des experts divers et relayées en France par Claude Allègre notamment, n'ont pas abouti à surestimer les dangers des dérèglements climatiques et des atteintes à la biodiversité mais au contraire à les sous estimer. Le fonctionnement des institutions internationales appelées à dire l'état du monde n'y est pas étranger. Mais l'urgence n'est peut-être pas à les réformer car, malheureusement, la réalité dépasse les craintes comme nous allons, sans esprit de catastrophisme, nous attacher à en apporter la démonstration dans nos prochaines lettres. La situation est telle que la France et l'Europe ne doivent plus seulement en appeler à des modes de régulation nouveaux du carbone mais que nous devons dès à présent intégrer les menaces nouvelles dans une conception renouvelée de la sécurité globale.
Des institutions a priori aussi éloignées a priori de ces questions que l'Inhès (Institut National des Hautes Etudes de Sécurité) par exemple en ont pris la mesure et publie un numéro spécial des Cahiers de la Sécurité sur ces questions. L'Europe doit adapter sa sécurité civile et ses efforts de défense pour intégrer cette dimension. La France, à la suite du Grenelle de l'Environnement, s'y met.
Mais, au-delà, il faudra que les efforts des nations soient fédérés au niveau international grâce à de nouvelles règles. A cet égard, un de nos combats sera d'expliquer que les déréglements financiers et monétaires internationaux ne sont pas seulement dus à la crise des subprimes. Si les parités monétaires ne reflètent plus la réalité des termes de l'échange entre les grands blocs économiques, si des crises de liquidité d'un nouveau type apparaissent, c'est également parce que les monnaies ne reflètent pas à leur juste mesure la dépendance des économies aux ressources rares du développement et notamment au carbone fossile.
Ainsi, contrairement à l'idée commune, la crise climatique, la crise énergétique et la crise financière ne sont pas indépendantes. Elles forment une seule et même crise larvée, laquelle résulte notamment de l'inadaptation du système monétaire internationale aux réalités de l'économie du carbone. L'Europe souffre de cette situation, non uniquement du fait des parités monétaires que ces déséquilibres impliquent ; les difficultés du pouvoir d'achat en France, devenues la préoccupation première, ne sont rien d'autre que l'expression de l'absence de régulation de la valeur du carbone.
A l'inverse, cela contraint l'Europe et la France à des efforts dont elles recevront les fruits demain si, entre temps, "le bébé n'a pas été jeté avec l'eau du bain" dans une frénésie de réformes qui ne seraient menées qu'à moitié.
C'est dire à quel point le combat du développement durable, bien que nous osons à peine employer le terme parfois, est le combat de l'économie s'il est bien compris. Mais, cet effort exigera du courage économique et la volonté de préserver nos industries et nos services de ceux qui voudraient nous faire payer deux fois la dette qu'ils vont laisser à la planète.
Les solutions existent. Après la prise de conscience, viendra l'heure des grandes réformes internationales et celui d'une sorte de "Bretton Woods du carbone et des ressources durables", événements qui formeront la vraie garantie d'une paix civile partagée à l'heure où les conflits internationaux d'origine environnementale semblent inexorablement se développer.
L'espoir est dans la lucidité.
Bonne année à tous.
Patrice Hernu
Président du réseau

