Les Verts, qui doivent réunir, samedi 8 et dimanche 9 septembre, à Paris, leur conseil national, cherchent une issue à leur quasi-disparition de l'agenda politique. Ils devraient, à cette occasion,
dresser la liste d'une dizaine de "priorités" écologiques.
Depuis que Nicolas Sarkozy a créé son grand ministère du développement durable et lancé son initiative d'états généraux, le parti écologiste semble sans voix. Les porte-parole des Verts avaient,
dans un premier temps, déclaré que "ce n'était pas la place d'un parti politique". Ils estimaient alors que le chef du gouvernement cherchait à préempter ce dossier sur lequel l'opinion publique
est de plus en plus sensible. Et ainsi à marginaliser les Verts, trois mois avant les élections municipales.
La direction du parti a été déstabilisée par la création d'un ministère d'envergure alors que la gauche leur avait chipoté les moyens politiques qu'ils réclamaient. Elle a ensuite ricané à
l'annonce du "Grenelle de l'environnement", ne réalisant pas que M. Sarkozy voulait, après le succès de Nicolas Hulot, donner des signes sur ce terrain. Ils n'ont, enfin, pas perçu l'appétence des
associations environnementales à participer, pour la première fois, à de véritables discussions nationales sur les politiques à mener.
Ce n'est qu'à la fin de l'été que les Verts ont commencé à s'affoler. Une vingtaine de leurs élus et cadres avaient été contactés par le cabinet de Jean-Louis Borloo pour participer à des groupes
de travail. La direction nationale a donc mis en place un "comité de suivi" chargé de "débriefer" les discussions du "Grenelle". "Notre choix est d'être un pied dedans pour pousser des propositions
audacieuses et un pied dehors parce qu'on sait qu'il s'agit d'abord d'une opération de com'", assure la secrétaire nationale, Cécile Duflot.
Mme Duflot souhaite que son parti "mette en valeur ses propositions pour montrer les contradictions qui ne manqueront pas d'apparaître entre l'effet d'annonce et les décisions réelles du
gouvernement". Le conseil national devrait proposer notamment la limitation de vitesse sur route et autoroute, une taxe sur les poids lourds, un moratoire sur les OGM ou encore une interdiction de
certains pesticides.
La gauche des Verts devrait, elle, batailler samedi pour que le parti organise un contre-Grenelle, à l'image des initiatives altermondialistes. "Ce serait la meilleure façon de transformer le piège
tendu par Sarkozy en occasion de dire ce qui devrait sortir d'un tel Grenelle", estime le député Noël Mamère. Reste à savoir comment réagir si le gouvernement va plus loin que prévu. M. Borloo a
commencé à semer le doute en déclarant, mardi 4 septembre : "Nous aurons un accord global sur les OGM et sur une diminution des pesticides."
Article paru dans l'édition du 09.09.07.