Partager l'article ! Lettre de France Bleue n° II: Pourquoi recentrer le débat présidentiel sur ...

ECOLOGIE BLEUE
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Pourquoi recentrer le débat présidentiel sur l'environnement, l'écologie et le climat |
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Les candidats semblent avoir quelques difficultés à sortir du flou dans lequel ils se cantonnent à l'égard de leur programme environnemental. Se sentent-ils dispensés d'avoir une vraie pensée écologique dès lors qu'ils ont signé dix objectifs globaux qu'en fait tout le monde partage ? Car, contrairement à ce que laissent penser certains medias, il ne leur était pas demandé de signer les propositions ! D'une certaine façon, il faut s'en féliciter car, ces propositions sont, toutes, contestables et, pour le moins, méritent d'être discutées. D'une autre façon, il faut le regretter ; il n'est nul besoin de protester que l'esprit des engagements n'est pas respecté. En effet, il n'y a nul engagement véritablement contraignant dans le pacte et nul n'en connaît l'esprit. Qui pourrait d'ailleurs s'ériger en maître à penser d'un domaine où l'expertise controversée devrait être la règle ? Ainsi, si la cause écologique a, indéniablement, utilement progressé dans l'opinion, elle semble en revanche avoir régressé dans la réflexion utile des partis alors que, contrairement à l'image que Nicolas Hulot tente d'en donner après avoir lui-même renoncé au combat politique, elle y avait considérablement avancé sans que les responsables osent d'ailleurs se l'avouer à eux-mêmes ! Quelques exemples suffiront. Si Ségolène Royal se mord publiquement les doigts que le parti socialiste avait depuis longtemps déléguer -donc délaisser- la cause de la planète aux Verts, ce qui est déjà en soi le signe d'un renouveau, le retard à l'allumage reste impressionnant et l'improvisation consternante. Il n'est de jour où son opinion sur l'EPR ne varie, coincée entre les positions Green-Peaco-atlantiste assez traditionnellement anti-hexagonale de son conseiller Bruno Rebelle et celles des réalistes du PS qui ne peuvent accepter que soient bradées l'indépendance énergétique de la France et sa capacité à tenir un premier rang dans la lutte contre la dérive climatique. François Bayrou a signé des deux mains le pacte, y compris ajoute t-il lui-même, les cinq propositions, donc le super ministère pour un vice premier ministre et la taxe intérieure carbone augmentant jusqu'à obtenir le facteur 4 ! Soyons indulgent car François Bayrou, militant écologiste de la première heure, dans sa jeunesse dans les réseaux Lanza del Vasto, a des titres de légitimité autrement moins contestables que ceux de Nicolas Hulot. Fondateur en novembre 1995 du premier mouvement politique généraliste à intégrer une vraie charte du développement durable (FD), anticipant ce qu'allait devenir le préambule de la Constitution, il participait le 12 octobre 1996 à l'élaboration d'un pacte écologique en dix points pour une écologie démocrate, dont il était donc en partie le co auteur* et dont le fameux pacte actuel reprend certains éléments, notamment l'objectif d'écologisation progressive de la fiscalité générale comme outil de cohérence des leviers d'action pour un développement durable. Nicolas Sarkozy, signant le pacte, soulignait qu'il était le seul à faire de cet objectif une réalité programmatique en proposant de doubler la fiscalité environnementale. En revanche, il ne manque pas une occasion de rappeler qu'il n'en approuvait pas toutes les voies proposées. Cette franchise est non seulement honorable. Elle est en grande partie justifiée. En revanche, quelles seront les positions réelles des candidats lorsque, en cas d'élection, ils devront engager la France dans des discussions qui détermineront l'avenir des Français plus profondément et plus durablement que tous les débats sociétaux qui occupent le devant d'une scène où les aspects internationaux, européens et géostratégiques de fond sont à tort considérés comme subsidiaires ? C'est pourquoi de nombreuses associations ont souhaité poser de vraies questions aux candidats. Ces questions ont passionné les experts. Quant aux candidats, sur les questions de durabilité, sans doute appliquent t-ils à la lettre ce qu'ils ont à juste titre compris de cette maxime "durable" devenue si récurrente dans les temps modernes de l'urgence - écologique et non écologique- : "il faut donner du temps au temps !" *Le texte de ce pacte précurseur, préparé entre François Bayrou et Ecologie Bleue le 12 octobre 1996 au Sénat, adopté le 12 novembre 1996, est disponible ici. Ce texte, l'UMP, cofondé avec Ecologie Bleue, l'a donc également trouvé dans ses bagages et conforté d'un "manifeste pour une écologie humaniste" adopté au CNAM le 12 avril 2002. Nul ne s'étonnera de retrouver ces éléments en partie dans les programmes actuels où ils n'avaient attendu aucun messie. L'écologie réaliste et humaniste est en marche. C'est à elle de s'exprimer ! |
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Posons de vraies questions aux candidats ! |
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Appel d'associations et militants écologistes réalistes Nombre de citoyens acquis à la cause d’une écologie réaliste sont un peu déçus que les initiatives médiatiques récentes, louables a priori, aient eu en définitive pour conséquence de vider le débat politique d’une part de son contenu écologique au lieu de l'y encourager. C'est d'autant plus dommage que les propositions avancées reprennent des objectifs sur lesquels certains d'entre nous se battent depuis des années et qu'ils avaient réussi à faire partiellement entrer dans les programmes des partis, comme par exemple l'écologisation progressive de la fiscalité générale. Il existe certes des liens symboliques traditionnels forts entre l'écologie et certains thèmes écologiques qui continuent de faire débat, s’agissant par exemple des questions légitimes relatives à l’énergie nucléaire ou aux OGM. Mais bien des citoyens souhaitent conserver une liberté de conscience et de débat sur ces questions et ne pas occulter la question essentielle du climat, de l’énergie, de l’eau, des ressources et de la biodiversité en l’annexant à des questions qui sont l’emblème de mouvements et organisations qui voudraient parfois édicter une sorte de nouvelle loi morale dont ils seraient les rédacteurs. En clair, une très large majorité des citoyens souhaitent, des candidats quelque soit leur préférence écologique ou environnementale partisane, qu’une fois élus, ils engagent une politique écologique réaliste, tangible, sans se contenter de discours, par la mise en œuvre concrète de politiques d'économie d'énergie et de lutte contre la dérive climatique, ne disqualifiant pas le développement de la France et de l’Europe et s’intégrant dans nos engagements extérieurs européens et mondiaux. Or, le Président de la République élu devra engager très rapidement notre pays au sein de la communauté européenne, laquelle est d’ores et déjà saisie des grandes questions de l’énergie, du climat, de la biodiversité et de la durabilité de son développement. Le Parlement européen devra prochainement ratifier les propositions de la Commission européenne. Le Président élu, accompagné des représentants qualifiés de son gouvernement, devra également prendre rapidement position sur les négociations dites « post 2012 » dans la perspective du prochain « round écologique » de la planète dont la préparation commence à la conférence de Bali prochainement. Nous souhaitons donc que les propositions et positions des candidats sur ces questions ne soient pas amalgamées avec d’autres considérations, car, finalement, comme cela peut se constater, cet amalgame noie le feu d'un utile débat. La confusion contribuerait à ne pas éclairer les priorités des candidats entre les différentes urgences. Aussi différents réseaux, dans le respect de leur diversité, ont pensé utile de revenir vers les candidats avec des questions, parfois techniques, qu’ils jugent essentielles compte tenu de la réalité de l’agenda politique du pays. Les réseaux signataires de ces questions représentent d’ores et déjà plus de 100 000 affiliés. Les questions, sous la forme posée aux candidats ou sur la forme d'une interview, ont été soumises à des personnalités indépendantes non candidates. Elles ont toutes immédiatement répondu. Ces réponses donnent une image vivante de l'écologie réaliste et de la manière par laquelle la France et l'Europe peuvent s'engager dans cette bataille qui ne peut être menée que de concert à l'échelle mondiale. Les signataires sont coordonnés par la Ligue Européenne pour l’Ecologie et l’Environnement, dont le point focal en France est le Fonds Français pour la Nature et l’Environnement et comprennent :
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Questions |
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Coordination d’ONG et Associations environnementales indépendantes L3E/FFNE – 15 avenue de Ségur – 75007 - Paris A l’attention de · François Bayrou · José Bové · Olivier Besancenot · Marie George Buffet · Philippe De Villiers · Arlette Laguiller · Jean-Marie Le Pen · François Nihous · Nicolas Sarkozy · Gérard Schivardi · Ségolène Royal · Dominique Voynet Paris, lundi 19 mars 2007
Un « prix juste, équitable, équilibre et si possible universel du carbone » constitue la priorité de toute politique locale, nationale, régionale (européenne) et internationale pour :
- la lutte contre le risque de dérive climatique ; - la protection de la biodiversité liée à la modération du changement climatique; - et le maintien d’un développement économique et social indépendant et sobre en énergies non durables (habitat, transport, consommation énergétique primaire).
D’où ces 6 questions. I – Taxe versus quota ou quelle fiscalité européenne incitative commune ?
Comme l'Union Européenne dans les années 90, de nombreux économistes, tel Joseph Stiglitz, semblent assez favorables, en principe, à une taxe sur le carbone (de type Pigou) pour converger vers un "vrai prix du carbone". Or, pour des raisons historiques sur lesquelles il est difficile de revenir, l'Europe, suite notamment au protocole de Kyoto, est très engagée dans un système de quota, l'UE-ETS, pour les gros contributeurs. Ce système pose certes de nombreux problèmes. Pensez-vous qu'il est réellement possible de concilier des taxes pour les secteurs hors UE-ETS et un système de marché de permis, ceci "durablement", c'est à dire y compris en vue des accords post 2012 ? Quel sera votre position dans l’élaboration de la position européenne dans le concert des nations ?
II- Europe – USA - Asie : quel avenir commun ou comment rapprocher utilement les points de vue pour un accord multilatéral ?
Pour ce qui concerne la stratégie européenne en vue des négociations post 2012, quelles recommandations, voire exigences, formulerez-vous qui seraient de nature à parfaire le rapprochement des points de vue des tenants des accords Asie-Pacifique-USA et des tenants du protocole de Kyoto tout en préservant les intérêts géostratégiques de la France et de l’Europe ?
III- Quel objectif premier pour l’Europe ou quelle stratégie énergétique commune pour l’Europe ?
L’Europe (et la France) doit-elle s’imposer à elle-même comme objectif premier d’augmenter la part des énergies actuellement comptabilisées comme renouvelables ou de minimiser la contribution globale nette aux émissions de carbone (question de l’hydraulique, de l’EPR, des biocarburants et des économies d’énergie) ?
IV- Europe : exemplarité ou dissuasion ou comment avancer sans être isolé ?
Entre les partisans du « L'Europe doit montrer l'exemple » et ceux du « L'Europe ne peut pas faire payer à son économie la facture d'un effort de lutte contre les GES qui, faute d'être suivi par tous, serait effectué en pure perte », l'Europe a choisi une stratégie mixte. Qu'en pensez-vous ? Faut-il réformer les règles de l'OMC pour autoriser une compensation des efforts plus importants demandés sur un marché plus ambitieux tel que l'UE-ETS ? Faut-il revenir à terme vers un système de taxe intérieure européenne carbone qui, elle, peut être compensée au regard des règlements de l'OMC ? La taxe extérieure carbone vous paraît-elle constituer un élément dissuasif à retenir, à étudier voire à imposer ? L'Europe a-t-elle les moyens d'imposer à la communauté internationale des efforts supplémentaires dans la lutte contre la dérive climatique et comment ?
V- Ecologisation de la fiscalité ? Comment, à quel niveau et à quel rythme ?
Faut-il choisir l'écologisation générale de la fiscalité de préférence à une multiplication des taxes environnementales parafiscales ? Une solution peut consister à instaurer un système de taxe sur le carbone ajouté comparable au système de la TVA auquel il se substituerait en partie, c'est-à-dire sans création de ressources fiscales supplémentaires. Cette proposition a été très partiellement reprise par certains, parfois combinée avec une taxe sur l’énergie. Quel est votre point de vue sur l'écologisation de la fiscalité, ses outils privilégiés, la vitesse à laquelle il sera possible de procéder à des réformes fiscales allant en ce sens et sur l'articulation d'un tel dispositif avec l'harmonisation européenne et son intégration dans le dispositif de lutte contre la dérive climatique ?
VI- Gouvernance et vraies priorités ou quelle intendance pour soutenir les politiques nouvelles ?
A quel niveau placez-vous la priorité énoncée ? Avez-vous d’autres priorités écologiques supérieures à celles évoquées ci-dessus, qui correspondent au domaine d’engagement du Président de la République tant dans l’animation de son gouvernement que dans la représentation de la France au plus haut niveau de l’Europe et des Institutions internationales ? En termes de gouvernance, certaines réformes de l’Etat ou de la géométrie ministérielle vous paraissent-elles nécessaires à la mise en place des « priorités écologiques absolues » de votre future politique ?
Comité des signataires coordonné par la Ligue Européenne pour l’Ecologie et l’Environnement, dont le point focal en France est le Fonds Français pour la Nature et l’Environnement
Composition de la coordination au 18 mars 2007 L3E : Christine Archambault France Ecologie : Isabelle Jacono et Dominique Julien-Labruyère Réseau France-Europe-Planète Bleue : Patrice Hernu Sauvons le Climat : Herve Nifenecker Ecologie Bleue : Pierre-Gilles Tronconi Energie Intelligence : Antoine-Tristan Mocilnikar Fonds Méditerranéen pour la Culture et l'Environnement : Frédéric Bard Terra Nostra : Michel Ciardi Mobilité Durable, Ecologie et Valeurs, Sommet de la Terre-Paris 2012 et les autres associations ou ONG signataires : représentants à désigner Contacts
Ligue Européenne et FFNE : christine.archambault@wanadoo.fr
Coordination : questions2007@environnement.org |
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Etats-Unis : le mouvement vient des Etats et de l'industrie |
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Nous prévenons dans nos colonnes qu'un certain nombre d'enjeux échappent à la sagacité des politiques géostratégiques de l'Europe. C'est le cas des biocarburants et du charbon que nous
avons déjà évoqué. C'est le cas de la vision des marchés, de l'OMC et des accords post-kyoto. Une stratégie convergente se dessine entre les alter-libéraux et les néoconservateurs. L'Europe
a du mal à suivre. Il ne faut pas s'étonner qu'ainsi, l'éthanol soit au coeur de la nouvelle rencontre entre Bush et Lula, à Camp David cette fois (samedi 31 mars 2007). Le continent américain s'apprête à relever le défi de la dérive climatique à sa façon. Nous devrions y porter plus d'attention... Bush et Lula ne se quittent plus. Malgré cette entente, Lula a réaffirmé qu'il fallait que les Etats-Unis abandonnent leurs droits de douane sur l'éthanol brésilien. Demain, les pays émergents dans leur globalité donneront des leçons de libéralisme aux puissants. Il n'y a que Hulot et Voynet et quelques autres pour ne pas l'avoir compris. L'écologie ne se fait pas avec des discours. Elle se fait dans le combat industriel. Mais, à bien y regarder, c'est également une opportunité pour envisager les négociations post-kyoto si l'Europe fait preuve de plus de clairvoyance. D'ailleurs, cette semaine, la présence américaine en France sur ces sujets est très forte. Deux délégations sont présentes. L'une à l'invitation de la Fondation Franco-Américaine sur le marché de permis californien, l'autre à l'initiative d'Ubi-France sur les biocarburants. 1.Invitation spéciale (payante) ![]() Réservation avant lundi 10h auprès de janet.steinmetzer@french-american.org 2. Séminaire Ubi-France Ce séminaire se tient le 4 avril 2007 sur le secteur des biocarburants aux Etats-Unis. Vous y trouverez une présentation du secteur des biocarburants aux Etats-Unis et de la délégation en page 2, le programme des interventions en page 3 et les modalités de participation en page 4. Les biocarburants aux Etats-Unis - L’industrie des biocarburants aux Etats-Unis est appelée à connaître dans le futur une croissance vertigineuse. L’industrie a présenté ces trois dernières années un taux de croissance d’environ 40 à 50%, taux qui s’explique notamment par la forte demande en biodiesel sur cette période. - Les inquiétudes des Etats-Unis quant à leur hauts niveaux d’importations pétrolières vont perdurer pour encore au moins une vingtaine d’années, ce qui obligera les gouvernements à continuer la promotion et le soutien aux énergies renouvelables, et notamment aux biocarburants, par des politiques incitatives. Voilà qui confirme la pertinence des débats sur l'urgence écologique et les enjeux présidentiels pour la France |
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